Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La vie spirituelle au travers meditations, contemplations et temoignages

Publicité

Homélie du 28e Dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Préparation à la Célébration d'une Messe de Mariage - Église de Tanzanie - 2015

Préparation à la Célébration d'une Messe de Mariage - Église de Tanzanie - 2015

Publicité

 

 

L'Impaixrfection

 

 

     Il est attachant ce jeune homme.

 

     D'abord son désir est bien dirigé : il aime Dieu et cherche la vie éternelle. Ce n'est pas si commun. Sa conscience n'est pas endormie. Il est préoccupé de l'essentiel, et en plus, il s'est appliqué à le mettre en pratique depuis sa jeunesse ! Il est sérieux. Il a une conscience droite et il incite à la confiance. On lui donnerait le bon Dieu sans confession !

 

     Ensuite, il est bénit par des richesses matérielles. Le texte précise par « de grands biens » ! Il possède déjà ce que tout le monde cherche, tout ce qui fait tourner le monde. Dans les textes anciens, les richesses sont très souvent l'expression d'une bénédiction spéciale de Dieu. Ce jeune homme possède tout ce qu'il lui faut, tout ce que cette vie peut proposer de meilleur. Il a tout pour être envié. Il représente une situation idéale spontanément associée comme étant celle qui motive les activités de nos vies.

  

 

     Enfin, et pour couronner le tout, Jésus pose son regard sur lui et l'aime ! Voilà bien quelqu'un qui a tout ce qui peut être désiré afin d'être comblé ! Ce jeune homme n'a pas le choix, il doit être heureux !

 

     Mais voici que Jésus va casser l'ambiance en faisant une remarque à son égard, inattendue et incompréhensible : « il te manque de donner ce que tu as aux pauvres ! » Quelle idée ! Ça fait pas très sérieux ! Cela paraît naïf ou pour le moins, imprévoyant ! Que cherche Jésus en retournant les choses à l'envers ? Est-il tombé sur la tête ?

 

     Certains essaient de comprendre la demande de Jésus : « Jeune homme, il te manque la capacité de trouver la paix dans la situation du manque ». Ce qui signifie : « il te manque de manquer » ! « Il te manque la capacité de trouver la paix dans la fragilité et dans la faiblesse, qui est aussi la tienne, et que tu cherches à tout prix à cacher ». Le véritable pouvoir de l'homme, le seul qui vaille, n'est pas la capacité d'accaparement dans toujours davantage de richesses, de pouvoir et de notoriété. Le véritable pouvoir est capacité à trouver le bonheur et la joie y compris dans les situations marquées par le manque, par la faiblesse ou par la fragilité. Même la situation d'imperfection peut-être vécue en paix ! C'est ce que nous pourrions nommer « l'impaixrfection » !

 

     Alors que ce qui fait tourner le monde est plutôt le combat contre la situation du manque, Jésus prends cet élan à revers, en proposant de chercher la capacité à demeurer en paix en toutes situations, y compris et surtout, en situation de sobriété, de simplicité, que l'évangile nomme pauvreté. Mais attention, la pauvreté assumée n'est pas la misère qui écrase. La rencontre de Jésus avec le jeune homme nous montre que le bonheur et la joie sont au prix de l'épreuve du dépouillement. Le Royaume de Dieu ne pourra avancer que dans l'acceptation de nos situations telles qu'elles sont, y compris et surtout, lorsqu'elles sont imparfaites.

 

     Il est une observation que nous pouvons facilement faire : plus une personne est riche, plus elle se protège et protège ses biens, sa propriété, par des murs, par des systèmes de contrôles et de surveillances en tous genres. Cette logique a pour conséquence de couper la personne en question de ses voisins. Afin de se protéger et de protéger ses biens, la personne riche abandonne le royaume de l'amitié et de la fraternité humaine. Elle s'en sépare par les murs qu'elle se construit, par les caméras de surveillance qu'elle met en place. Surveillance ou confiance, il faut choisir !

 

     En revanche, et c'est une loi commune et universelle, plus une personne vit dans la pauvreté, dans la simplicité, plus ses maigres biens sont exposés, et plus elle cherche à se lier avec les autres, à tisser des relation autour d'elle.

 

     Dans l'évangile d'aujourd'hui, nous retrouvons bien cette idée, à savoir que l'assouvissement des désirs dans la richesse, est au prix de l'éloignement, de la distance, de l'isolement vis-à-vis de Jésus et des autres membres de sa compagnie. Le jeune homme ne peut pas bénéficier en même temps, et de l'amitié de Jésus et de ses disciples, et de la totale liberté d'utilisation de sa grande richesse et de ses biens. Ainsi, la soif d'accaparement s'accompagne toujours d'une coupure sociale en deux volets : d'une part, coupure avec Dieu plus ou moins marquée selon les situations, et d'autre part, coupure d'avec les autres membres de la société, c'est-à-dire d'avec les frères.

 

     L'accaparement des richesses détruit l'équilibre des relations en risquant de susciter des jalousies. Il détruit la communion entre les hommes, entre les frères, et inévitablement nous éloigne ainsi du Royaume de Dieu. Ainsi en est-il lorsque le jeune homme riche de notre évangile s'éloigne de Jésus et de ses disciples.

 

     La voie vers le Royaume de Dieu ne peut pas être celle de reproduire davantage d'accaparement, mais bien d'en révolutionner sa logique. Cette révolution se fait, selon notre évangile, dans la grâce, dans le cadeau de savoir que le cœur de l'homme ne pourra être vraiment heureux et satisfait, que de par l'amitié, profonde et intime, qu'il est capable de vivre avec son Dieu et avec ses frères. Et dans la paix qui peut accompagne toute situation. C'est cette amitié qui suffit à la soif du cœur de l'homme, que progressivement découvrent celles et ceux qui acceptent simplement, de suivre le Christ.

 

     À la condition qu'il n'y ait pas d'obstacle.

 

 

 

28e Dimanche Temps Ordinaire – Année B

 

 

1. Sagesse 7, 7-11 : «  À côté de la sagesse, j'ai tenu pour rien la richesse. »

 

2. Psaume 89 : Rassasie-nous de ton amour, Seigneur : nous serons dans la joie.

 

3. Hébreux 4, 12-13 : « Elle est vivante, la parole de Dieu. »

 

4. Marc 10, 17-30 : « Vends ce que tu as et suis-moi. »

 

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article