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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 08:35
Homélie du 31e Dimanche du Temps Ordinaire - Année B

 

 

Petite Balade dans le Catéchisme de l'Église Catholique

 

 

     Connaissons-nous le Catéchisme Universel de l'Église Catholique ? La version la plus récente avait été demandée par le pape Saint Jean Paul II. La constitution, la structure ou l'organisation de cet ouvrage capital est instructif. Selon moi, il ne s'agit de rien d'autre que d'une tentative de déploiement du commandement de l'amour, tel qu'il est exprimé par Jésus en ce dimanche : il nous faut aimer avec toutes les différentes dimensions de notre être, avec tout notre cœur, avec toute notre âme, avec tout notre esprit et avec toute notre force.

 

     Lorsque Jésus nous explique ainsi ce qui est le plus important dans la vie, chaque mot, chaque terme de sa proposition doit être considéré avec tout l'ensemble de ce qu'il comporte. Ainsi, je propose de les expliquer ici à la lumière du catéchisme de l'église catholique. En effet, les quatre termes de Jésus  « esprit », « cœur », « force » et « âme », peuvent se retrouver dans le catéchisme au sein des quatre grandes différentes parties qui le composent : le credo (première partie), les sept sacrements (deuxième partie), les dix commandements (troisième partie) et la prière du Notre Père (quatrième et dernière partie). À leurs manières, ces chapitres reprennent ce que Jésus demande, afin d'en proposer des pistes pour la vie que chacun d'entre nous est invité à mener, par le moyen de l'ensemble de ses ressources personnelles.

 

     Il est bien entendu qu'il s'agit de correspondances qui ont leurs limites. Les différentes applications de la vie chrétienne s'interpénètrent et se mélangent. Peut-on appliquer les dix commandements sans y impliquer son cœur ? Peut-on prier sans utiliser son intelligence ? Mais si la personne humaine est une et indivisible, ses facultés sont multiples, et celles-ci se déploient sans doute le mieux dans des domaines d'application privilégiés.

 

 

     1. Aimer avec tout son « esprit » ou toute son « intelligence » (terme repris dans la réponse du scribe), se déploie en effet de manière privilégiée dans la reconnaissance et la profession de la foi. Les différents termes du Credo (la prière du « je crois en Dieu ») explicite pour nous, et selon un long développement effectué au travers les siècles, une articulation ou une réflexion de l'histoire du salut qui nous est proposée en Jésus. Qu'est-ce qui s'est passé lorsque Jésus est né, lorsqu'il a souffert, lorsqu'il est mort et lorsqu'il est ressuscité ? Que s'est-il passé lorsque l'Esprit Saint nous a été envoyé ? Les formules que les Pères de l'Église, nos prédécesseurs, ont forgé au travers les siècles représentent une application spéciale des facultés de l'esprit humain, de son intelligence et de sa capacité à apprécier et à appréhender le mystère du salut.

 

     Surtout, il s'agit d'une application de l'esprit qui respecte profondément la vocation et la mission de la personne humaine sur la terre. L'homme est capable de Dieu, y compris par le biais de son intelligence. Approfondir la connaissance de l'histoire du salut, se familiariser avec l'histoire de la révélation, ne peut que venir soutenir le respect et la mise en œuvre de la volonté divine pour tout ce qui concerne les relations et les biens.

 

     L'alternative qui nous est trop souvent offerte par le monde et que nous connaissons que trop bien est celle d'utiliser les ressources de l'intelligence afin de chercher à percer les mystères de la vie dans le but, par exemple, de mieux la contrôler, de mieux la manipuler, ou d'y assouvir les passions. Véritable mise en pratique de la tentation de toute puissance. Cette sorte d'utilisation de l'intelligence qui s'écarterait de l'amour divin désintéressé s'écarterait du même coup de la vocation et de la mission de l'intelligence humaine, et de sa capacité bien ordonnée à comprendre les choses et les faits.

 

 

     2. Aimer avec tout son « cœur » peut être entendu de toutes ses facultés émotionnelles. L'émotion est ce qui se passe lors d'une rencontre, avec une personne, et parfois avec des choses ou des événements. De fait, les émotions que nous éprouvons sont extrêmement complexes. Il n'empêche qu'elles se construisent dans le concret de nos histoires, au grès des événements, des apprentissages et des habitudes. Nous pouvons éprouver une émotion forte devant un film. Les écrans sont même aujourd'hui devenus, sans nul doute, le lieu la construction des réactions émotionnelles se fait le plus souvent.

 

     Cependant, la question qui préoccupe Jésus est la suivante : l'utilisation de tout son « cœur », de toutes ses facultés émotionnelles doit se vivre dans le service d'un amour ordonné et correspondant à l'harmonie divine. Par exemple, il sera toujours plus noble d'aimer son prochain de manière désintéressée, (à l'image et à l'exemple de Jésus) que d'aimer le chocolat ou que d'investir ses ressources et ses facultés émotionnelles dans une consommation effrénée de substituts (l'objet de passions dans ce qu'elles peuvent présenter d'excessif). Cela implique une éducation de nos facultés émotionnelles à se préoccuper de ce qui est le plus ajusté à la justice et à la vérité.

 

     L'Église nous répond en nous enseignant que cette éducation émotionnelle peut se vivre au sein de lieux et d'occasions privilégiés. Au cœur de ces occasions se trouvent les célébrations organisées autour des sept sacrements : ils permettent une grande rencontre avec Dieu qui est l'objet du deuxième chapitre du catéchisme de l'église catholique. Entrer en relation avec Dieu par le baptême, l'eucharistie et la confirmation éduque notre cœur sur la manière avec laquelle nous avons à nous lier avec le Père dont nous sommes les enfants. Le sacrement des malades et de la réconciliation ont pour objet de nous libérer et de nous guérir de forces oppressives qui effacent, dévient ou travestissent nos consciences de ce que la présence de Dieu et d'autrui peut et doit signifier pour chacun d'entre nous. Le mariage et le sacrement de l'ordre ont pour mission de nous mettre en face de toutes nos responsabilités dans l'église et dans le monde.

 

     Éduquons donc nos cœurs à l'amour, en les exposant toujours davantage à la grande rencontre avec le Christ, tel qu'il nous est offert par les sacrements !

 

 

     3. Aimer avec toute sa « force », n'évoque-t-il pas la réalité du corps et de toutes ses facultés ? Et existe-t-il une meilleure manière de décrire la responsabilité d'inscrire un amour authentique au travers des actes précis au sein de nos communautés humaines, autrement que par une attention fidèle à ce que nous enseignent les dix commandements ? Justement, les dix commandements constituent la matière du troisième chapitre du livre du catéchisme de l'Église Catholique. Ils nous rappellent qu'une foi qui n'aboutirait pas à des pratiques précises de respect, de justice et de vérité serait totalement vaine.

 

     La dimension éthique de la foi est incontournable. C'est pour cette raison que la foi ne sera jamais chose strictement d'ordre individuelle ou personnelle. Il est impossible d'être chrétien une heure par semaine, lorsque l'on se rend par exemple à l'église. La logique même de la foi cherche à se traduire par une action dans le monde qui soit ajustée à ce qui lui est révélé et demandé. Sa nature implique le souci du bien commun et comporte des conséquences qui sont d'ordre politiques et sociales, quant à la manière de régir les relations entre les individus et de gérer la chose commune.

 

 

     4. Nous avons tous joué à ce jeu qui consiste à remettre ensemble les différents morceaux détachés d'un puzzle. Ce qui est nécessaire afin d'y parvenir est la présence d'un modèle ou d'une image, qui en effet permet de mettre en œuvre le travail de reconstitution. Que se passerait-il s'il n'y avait ni modèle ni image pour nous y aider ? Il n'y aurait pas d'action que ce soit ! Non seulement le travail nous paraîtrait probablement impossible, mais en plus, il n'aurait aucun sens, et nous semblerait (à juste raison!) totalement vain. L'existence du modèle, de l'image est donc indispensable afin d'animer le jeu, de le mettre en œuvre.

 

     Combien de personnes se découragent de la vie, dépriment ou sombrent dans la dépression, la démission et parfois le suicide ? Ces symptômes pathologiques sans doute pointent le fait que de plus en plus nous manquons d'image, de modèle afin d'animer, de motiver et de donner du sens. Les univers professionnels et d'activité, parfois, risquent de ressembler à celles et ceux à qui l'on demanderait de reconstituer les morceaux d'un puzzle sans avoir l'aide d'un modèle ou d'une image. Les conséquences peuvent en être dramatiques.

 

     La réponse que l'église peut offrir face à cette situation se trouve dans le quatrième élément prononcé par Jésus : celui de la présence de l'âme, qui doit être aussi l'instrument de l'amour. L'action de l'âme est décrite dans le quatrième et dernier chapitre du catéchisme de l'église catholique, qui s'articule autour de la prière du Notre Père. Avec la prière du Notre Père, nous nous remettons en présence du modèle parfait afin de motiver et d'animer nos actions humaines : la gloire de Dieu, la sanctification de son nom, la réalité de son royaume, la perfection de sa volonté. L'harmonie que chaque personne porte en lui-même (au moins en idéal) est repris à chaque fois que l'on prononce la prière, et elle se prolonge dans les relations à instituer entre les individus : que chacun puisse recevoir pain et pardon, pour la croissance de la paix. Que les situations qui nous fragilisent puissent nous être évitées. C'est parce que la foi nous rend confiant dans le fait que la vie de Dieu peut aussi devenir la nôtre, que je trouve la force et l'énergie, nécessaire et indispensable, afin de pouvoir la mettre en œuvre.

 

     Encore une fois, l'investissement de nos ressources vers une autre image que la vie divine risque de nous porter à l'épuisement. Et les ressources que porte notre terre ne s'épuisent-elles pas en même temps que l'on promeut un modèle de jouissance consommatrice individuelle ? N'est-ce pas ici la leçon que les impasses du modèle économique dominant devraient nous enseigner? Oui, une alternative existe, pour peu qui nous y soyons attentifs !

 

 

     Voici pour résumer le propos, un petit tableau reprenant l'ensemble des éléments du discours. Aimons avec tout ce que constitue notre être ! Aimons avec tout ce que nous sommes, et trouvons dans l'enseignement de l'église des pistes et des orientations d'applications !

 

 

Commandement de Jésus –

Aimer de tout(e) son/sa...”

Application du Catéchisme de l'Église Catholique

Esprit - Intelligence

Première Partie : La Profession de Foi

Le Dogme – Réflexion sur La Foi

Cœur

Deuxième Partie : Les Sept Sacrements

La Liturgie – La Célébration

Force

Troisième Partie : Les Dix Commandements

L'Éthique ou la Morale

Âme

Quatrième Partie : Le Notre Père

La Prière – La Vie Spirituelle

 

 

Homélie du 31e Dimanche du Temps Ordinaire - Année B

 31e Dimanche Temps Ordinaire – Année B

 

1. Deutéronome 6, 2-6 : Écoute Israël, tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur.

2. Psaume 17 : Je t'aime Seigneur, ma force.

3. Hébreux 7, 23-28 : Jésus, parce qu'il demeure pour l'éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas.

4. Matthieu 12 : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, tu aimeras ton prochain.

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