Si les murs de l’édifice n’étaient pas fissurés,
Ils ne laisseraient pas pénétrer la lumière
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Si les murs de l’édifice n’étaient pas fissurés,
Ils ne laisseraient pas pénétrer la lumière
Une collection de proverbes tanzaniens sera très bientôt publiée en Swahili. Ce livre s’intitule ‘Nchi za Ng’wanza Hutangaza Injili’ (Les Pays de Ng’wanza Annoncent la Vie). Voici une traduction de son introduction qui offre une présentation du livre avec quelques indications sur la manière d’utiliser les proverbes dans la vie quotienne. Une traduction complète en français est presque achevée, bien que sa publication ne soit pas prévue pour l’immédiat. Les lecteurs intéressés peuvent me contacter en utilisant l’adresse disponible sur ce site.
Image de la page de couverture pour le livre ‘Nchi za Ng’wanza Hutangaza Injili’.
Ce livre rassemble près de 1,000 proverbes dont les origines se situent dans 9 groupes ethniques différents de la région sud du lac Victoria, et surtout autour des villes de Mwanza et Geita, en Tanzanie. De plus, le lecteur trouvera dans cet ouvrage des explications concernant l’origine de ces proverbes, et 9 méditations spirituelles qui sont autant d’invitations et d’exemples pour faire un bon usage de la collection. (Ces méditations sont disponibles sur ce site, sous la rubrique ‘Commentaire d’un Proverbe Africain).
Sans doute le lecteur sera conduit à se poser quelques questions au sujet de ces proverbes. Tout d’abord, il survient parfois que le message convoyé par un proverbe ne se réconcilie pas avec le message d’un autre proverbe, et les deux peuvent se situer dans des positions contradictoires. Nous aimerions rappeler ici le fait qu’habituellement un proverbe est une réponse à une situation particulière ou spécifique d’un problème posé ou à la suite d’une série d’évènements survenus dans la vie. En conséquence, il est bon de se rappeler que la sagesse des anciens est tout d’abord une sagesse appliquée, et les conseils sont des réponses aux défis et à des besoins qui apparaissent dans un environnement spécifique. L’usage des proverbes nécessite le bon sens que l’on attribue communément aux anciens, tant nécessaire pour des applications profitables.
De plus, le lecteur ne pourra manquer de remarquer que certains proverbes se répètent et apparaissent dans des formes similaires dans des langues différentes. Aussi, il est important de souligner le fait qu’il ne saurait se trouver de peuple qui puisse vivre en isolation complète avec son voisinage. Bien au contraire, les transferts d’une culture vers une autre, ou d’une langue vers une autre sont fréquents. Les proverbes qui se répètent indiquent quelque chose des valeurs qui sont en importance dans la région.
C’est tout notre espoir que cette collection permettra de promouvoir la ‘vie’ dans le travail des instituteurs, des prédicateurs et des éducateurs. C’est la raison pour laquelle un index thématique a été intégré à la fin de l’ouvrage. Cet index permet de relever rapidement l’enseignement des anciens sur des sujets spécifiques.
Enfin, nous nous permettons de venir remercier tant de personnes qui d’une manière ou d’une autre ont participé à l’élaboration de cet ouvrage. A chaque fois que cela s’est avéré possible, nous avons signalé le nom et l’origine de ceux qui nous ont fourni ces proverbes, selon leurs langues d’origine. Mais il est vrai qu’il n’a pas été possible de mentionner tout le monde qui a participé à ce travail et nous nous excusons par avance à ceux qui se sentiront oubliés.
Parmi ceux qui nous ont précédé dans ce travail de compilation des proverbes traditionnels de cette région de la Tanzanie, nous ne pouvons manquer de mentionner le Père Joseph Healey M. M., de la Société Maryknoll et le Père Max Tertrais, M. Afr., de la Sociétés des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs). Ceux-ci ont beaucoup oeuvré dans cette direction et ce que nous avons pu établir ne l’aura été qu’en continuation de ce qu’ils ont commencé.
Enfin, nous tenons à exprimer nos sincères remerciements au professeur Gedeon Hamaro qui a accepté la difficile tâche de corriger le texte swahili qui se trouve dans cet ouvrage. Il n’a pas compté son temps afin de parvenir à ce but et puisse-t-il maintenant recevoir toute notre gratitude.
Catéchiste Joseph Nkumbulwa,
Père Pascal Durand M. Afr.,
Kasamwa (Tanzanie), Février 2012.
Chers amis et bienfaiteurs,
Tout d’abord: bonne année à toutes et à tous ! Nous ne savons pas ce que nous réserve 2012 mais nous continuons d’en espérer le meilleur, bien évidement.
Une nouvelle année, c’est l’occasion pour moi de donner quelques nouvelles. Je travaille toujours en Tanzanie, dans la paroisse de Kasamwa, c'est-à-dire à une centaine de kilomètres de la ville de Mwanza, la deuxième du pays. Kasamwa est une paroisse très rurale, donc dépendante des saisons. L’année 2011 restera marquée par les maigres récoltes. Cependant, 2012 s’annonce déjà meilleure : la pluviométrie entre septembre et décembre dernier est beaucoup plus généreuse que celle d’il y a un an, et nous avons bon espoir pour de meilleurs rendements lors cette nouvelle récolte 2012, qui devrait être prête dans quelques mois.
Lorsque je suis à Kasamwa, les visites dans les 30 villages qui composent la paroisse s’imposent, avec les tâches habituelles d’animation de divers groupes et de préparation aux sacrements. J’assume toujours la charge d’économe de la communauté et de la paroisse. Notre presbytère maintenant terminé, alors nous avons entamé la lourde et longue tâche de construire une nouvelle église. Celle-ci devrait pouvoir contenir près de 1000 places. Nous venons juste d’obtenir les permis nécessaires ! Le soutien régulier des paroissiens ainsi que quelques fonds extérieurs nous permettent de poursuivre les travaux. Bientôt nous aurons 10000 blocs de ciments fabriqués sur place.
Mes activités se diversifient un peu : je dois maintenant assumer une charge de représentation pour la congrégation, ce qui nécessite de nombreux déplacements dans une région qui fait environ une demi-France, et puis aussi je dois me déplacer régulièrement à Nairobi la capitale du Kenya. Par ailleurs, j’essaie de rester alerte sur des sujets de la société locale comme la situation des albinos en Tanzanie, mais aussi sur les conséquences néfastes de croyances en la sorcellerie. Quelques articles sur mon site Internet en font état. De manière générale, la Tanzanie est un pays stable et paisible, qui n’a jamais généré de réfugiés dans son histoire, c'est-à-dire depuis 50 ans d’indépendance tout juste. Mais la paix n’est jamais gagnée pour toujours, et il faut continuer à œuvrer afin qu’elle persiste.
Si j’ai toujours plaisir à recevoir de vos nouvelles, je reconnais que j’ai été assez paresseux en 2011 à donner des miennes. Je voudrais maintenant m’en excuser. Surtout, puissions-nous continuer à cheminer dans la foi, l’espérance et la charité.
Sur la route, vers un des villages de la paroisse
Fraternellement,
Pascal DURAND M.Afr.
Kasamwa Parish
P.O. Box 475 Geita
Tanzania
Site Internet : www.pascalbcd.over-blog.com(français)
www.pascalbcdeng.over-blog.com(English)
Les Missionnaires d’Afrique – Secteur Tanzanie Ouest
Photo prise in Nyakahoja (Mwanza, Tanzanie) le 6 octobre 2011 à l’occasion d’une réunion de secteur.
Assis, de la gauche vers la droite: Frère Lito Doguiles (des Philippines, maintenant à Tabora), Séminariste Valéry Sindayigaya (du Burundi, maintenant à Nyakato – Mwanza), Père Daniel Nana (du Burkina Faso, maintenant à Nyakato – Mwanza), Père Deusdedith Mjankwi (de la Tanzanie, maintenant à Nyegezi – Mwanza), Séminariste Silvester Chimenge (de la Zambie, maintenant à Bukumbi – Mwanza) and Père Bernard Chowa (de la Zambie, maintenant à Bukumbi – Mwanza).
Debout, de la gauche vers la droite: Père Pascal Durand (de la France, maintenant à Kasamwa, Geita), Père Victor Lijaji (de la Tanzanie, Victor est le Délégué Supérieur pour le secteur Est Tanzanie, Dar-es-Salaam), Père Georges Pelz (de l’Allemagne, maintenant à Nyegezi, Mwanza), Père Jean Lamonde (du Canada, maintenant à Kasamwa, Geita), Père Charles Obanya (de Nairobi, Kenya, Charles est le provincial de la Province d’Afrique de l’Est), Père Max Tertrais (de la France, maintenant à Igunga, Tabora), Père William Crombie (de la Grande Bretagne, maintenant à Tabora), Père Jan Somers (des Pays-Bas, maintenant à Bukumbi, Mwanza), Père Adrianno Jimenez (de l’Espagne, maintenant à Mabamba, Kigoma), Père Adolf Potrick (de l’Allemagne, maintenant à Nyegezi, Mwanza) et Frère Theo Call (de l’Allemagne, maintenant à Kabanga, Kigoma).
Sur un troisième rang :, juste derrière le Père Adrianno Jimenez se tiens le Père Anselme Somda (du Burkina Faso, maintenant à Nyakato, Mwanza).
***
Les réunions de secteur sont organisées deux fois par an, et ont pour but de rassembler les missionnaires travaillant dans les diocèses de Mwanza, Geita, Tabora, Kigoma and Rulenge. A chaque fois, un sujet est proposé pour l’étude et la discussion.
La session d’octobre était consacrée au thème de la vocation, avec référence spéciale à la congrégation des Missionnaires d’Afrique. Elle fut également l’occasion de rencontrer notre supérieur provincial pour la première fois, le Père Charles Obanya.
Le Pèr. Winfried Huber (de l’Allemagne, maintenant à Kayenze, Mwanza) est absent de la photo mais a participé à la majorité des sessions de notre rencontre.
Etaient absents de la session : Père Jose Sotillo (de l’Espagne, maintenant à Nyegezi, Mwanza, il était alors en congés en Espagne), Père Jan Dekkers (qui était alors en congés chez lui aux Pays-Bas), Père Albert Bolle (de la Belgique, maintenant à Igunga, Tabora), Père Raphaël Romand-Monier (de la France, qui était alors à Mitindu, Singida), Père Piet Bergman (des Pays-Bas, maintenant à Tabora), Père Edward Brady (de l’Irlande, maintenant à Kabanga, Kigoma), Père Alain Bedel (de la France, maintenant à Katoke, Rulenge, il était alors en congés en France), Père Bernard Baudon (de la France, maintenant à Kabanga, Kigoma, il était alors en congés en France) et Père Hans Gülle (de l’Allemagne, maintenant à Mabamba, Kigoma).
Combattons les voleurs de couleurs! Colorions nos journées!
Quel est l’impact de la prière dans notre vie quotidienne?
Une fidèle lectrice de ce blog m’a récemment mis au défi d’écrire quelque chose sur la prière pour ce site à vocation spirituelle. Je suis resté d’abord très sec, sans inspiration aucune.
Et puis quelque chose s’est passé. Quelque chose de très désagréable d’abord. Quelque chose qui me laissait l’impression d’être incompris et même rejeté ou méprisé. Je pense que chacun d’entre nous fait ces expériences de ne pas être écouté dans une démarche administrative sans qu’il ne puisse identifier des raisons acceptables, ou bien d’être ignoré dans un temps d’épreuves par certains qu’il pensait être proches.
Ceux qui me connaissent savent bien que je laisse souvent mon visage et mon attitude exprimer mon état intérieur, telle une vitrine pour une boutique. Alors, lorsqu’ un évènement pénible survient dans mon quotidien, il m’est personnellement très difficile de faire comme si de rien n’était, comme si tout allait bien. Soudainement, la vitrine se teinte de couleurs sombres et ternes. Les gens qui me connaissent bien comprennent, et savent que ce n’est pas le meilleur moment pour établir une requête.
Je me souviens d’une publicité télévisuelle astucieuse d’une marque de pellicules photographiques qui présentait ses produits comme autant de ‘voleurs de couleurs’. Cette publicité présentait l’activité photographique comme un terrorisme d’un genre nouveau: une photo, et voilà, la personne photographiée se retrouve en noir et blanc! L’effet désastreux sur le moral des victimes était aussi le garant de l’efficacité des produits utilisés!
Notre monde et les évènements quotidiens que nous y subissons offrent bien des occasions de ‘voler nos couleurs’: les informations font état de catastrophes planétaires qui se multiplient, un proche est atteint par la maladie, le prix de la vie augmente, nous ne parvenons pas à trouver un travail qui nous convienne, ou bien tout simplement nous vieillissons. Si l’on n’en prend garde, des couleurs sombres s’installent ‘derrière la fenêtre de nos yeux’ comme le décrit les mots d’un chanteur, et la vie devient terne. Le monotone et le triste s’installe.
Nos couleurs disparaissent, et avec elles, la joie, l’enthousiasme, l’énergie ou le dynamisme.
Il est essentiel pour l’équilibre d’un être humain de ne pas simplement réagir lorsqu’un état de fait d’ordre pénible survient, mais aussi, et surtout, d’agir avant l’heure afin que le pénible ne survienne pas, ou bien, le moins possible. C’est toute la différence qui est quelque fois faite entre une personnalité qui est ‘réactive’ d’une autre qui se définirait comme ‘proactive’.
La personne ‘réactive’ ne fait que répondre aux pressions extérieures afin d’en être modifié.
La personne ‘proactive’ se projette dans son environnement afin de le modifier. Elle choisit ainsi ses propres agendas.
Il se révèle que réagir à l’environnement est infiniment plus lourd et épuisant que d’y porter le positif de soi-même. En revanche, une définition de l’épanouissement humain pourrait être projection de la personnalité d’un individu dans ce qu'il a de plus positif dans son environnement.
En d’autres termes, il est beaucoup plus complexe et moins productif de travailler à ‘retrouver ses couleurs’ quand elles sont devenues ternes, que d’étendre les siennes autour de soi.
Ou bien comme le disait une sainte : ‘Là où il n’y a pas d’Amour, mettez de l’Amour et vous trouverez de l’Amour’.
La prière est un instrument de choix qui devrait nous permettre de garder nos couleurs, de les étendre ou bien même de les retrouver quand elles sont perdues.
Car la prière puise à la source de l’Amour.
En effet, par la prière, il nous devient possible de replacer toutes les petites histoires ternes de notre vie quotidienne dans un cadre coloré, dans un contexte plus grand et sujet à faire contraste, et qui devrait faire contagion dans nos vies:
Nous sommes en vie car quelqu’un nous aime!
L’Amour a maintenant un visage qui se répand à travers le monde!
La création elle-même ne cesse de chanter les miséricordes de Dieu!
La Bonne Nouvelle, c’est aussi celle de nos vraies couleurs qui étaient perdues et qui peuvent maintenant être retrouvées !
Que les retrouvailles que nous établissons avec les forces mêmes de la vie au travers la prière, nous permettent de retrouver nos vraies couleurs,
Et de combattre les voleurs de couleurs !
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